MINOUS EN FUREUR

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    On ferait la gueule pour moins que ça. Pas elles. Les trois filles que la justice, ou plutôt l’injustice russe va envoyer en camp pour deux longues années, restent souriantes. Les Pussy Riots, traduction, les manifes de chattes ou les minous en fureur ont encaissé le verdict avec la grâce qui les caractérise. Déjà, avec elles, le vieux cliché qui continue à véhiculer l’idée rance que les féministes sont moches, vieilles et mal baisées en prend un sacré coup dans les gencives. Non seulement elles sont belles, mais en plus elles ont un courage qui ferait pâlir beaucoup d’hommes. Car si elles sont en fureur contre le dur régime de Vladimir Poutine, le plus en fürer des quatre n’est pas celui qu’on croit. Il ne lui manque que la mèche et la moustache au com’rade russkof.
    Petite parenthèse: il fut un temps où la cagoule était le signe de l’extrême droite, comme à la belle époque des fameux cagoulards anti communistes, antisémites et antirépublicains des années 30 qui essayèrent de renverser Léon Blum, et aux USA, la-dite cagoule se portait pointue et blanche sur de longues robes de la même couleur par des hommes dont les visages pâles n’hésitaient pas à lyncher leurs brothers plus foncés qu’eux. Je ferme la parenthèse.

    Je me suis laissée dire que les russes de sexe féminin sont folles de lui, qu’elles le trouvent méga cool, trop tendance avec sa dégaine à la James Bond, version Daniel Craig. Ça ne fait que corroborer l’idée que ce type est un facho, en plus d’être un macho. C’est fâcheux. Car comme j’ai lu récemment dans le formidable « Femmes de dictateur » de Diane Ducret et vu dans un aussi épatant documentaire sur Arte, les femmes ont raffolé des Mussolini, Hitler et autres Pétain, et les ont toujours submergés de lettres de fan à tel point que Johnny, Justin Bieber et autres George « what else »? » Clooney, à côté, c’est du jus de chaussette, question charisme.

    Paradoxalement, si ce sont les femmes qui lui font de la pub, à l’homme aux pecs sévèrement  burné, (vous l’avez vu torse nu en Sibérie tel le Lucky Luke de base chevauchant son fier destrier et plongeant dans la rivière, Rambo et con à la fois?), ce sont aussi des gonzesses qui s’opposent à lui de la manière la plus médiatique, et comme aujourd’hui ce qui n’est pas dans les médias n’existe tout simplement pas, force est de constater qu’à part des gars plus fachos que lui, comme Limonov, ce sont des nanas qui se mouillent pour dire qu’il y a vraiment quelque chose de ripou au royaume de Vladimir.

    Deux ans de goulag pour une chanson dans une cathédrale? Pincez moi, c’est un cauchemar! Nous voilà revenus au pire de la période stalinienne, quand on n’hésitait pas à envoyer dans les camps ceux qui avaient botté une vanne de trop. Car s’il y a des gens qui n’ont pas, mais alors pas du tout  le sens de l’humour, c’est pas les féministes, mais bien les dictateurs.
    Certaines camarades russes ont poussé le sens de l’auto-dérision jusqu’à manifester à poil contre le régime. Eh oui! Après Vlad, le Big Tovaritch, les opposantes aussi enlèvent le haut! Car en Russie les féministes sont acculées à montrer leurs nibards pour se faire entendre. C’est qu’elles ont tout compris. Elles savent très bien que tout le monde s’en contrefout de leurs revendications, mais qu’en revanche des jolies blondes appétissantes à oilpé, ça, ça émoustille le chaland, ça fait bander le média, ça excite les rédacs chef. Les filles à poil, c’est toujours décoratif sur une couve de journal. Sauf qu’elles, on ne les envoie pas en camp pour autant.

    Les Pussy Riots, si. On leur reproche quoi au juste? Quel attentat, quel complot, quel crime leur vaut donc ce procès et cette sentence digne des années 50? Avoir chanté un truc anti régime dans une cathédrale avec une cagoule sur la gueule. Elles n’étaient même pas nues, les Pussy, il n’y a eu ni blessés, ni morts, juste quelques croyants offusqués. Franchement pas de quoi fouetter un chat, encore moins de quoi en envoyer trois, de chattes, au goulag.

    D’autres chanteurs et non des moindres ont sans doute inspiré ces chattes mécontentes. Le grand Serge et son « Le klan le klan la cagoule, relax baby be cool, Autour de nous le sang coule, relax baby be cool, A la morgue il y a foule, relax baby be cool… ». Sauf qu’elles, elles ne sont pas restées cool.

    Mais l’artiste à laquelle elles doivent cette sentence lourde est sans conteste celle dont le nom évoque la virginité et dont les images ont appelé nombreux croyants à s’agenouiller et se recueillir, émus devant tant de pureté, la Madonne elle même. Evidemment, pas celle dont les icônes ornent les murs des cathédrales où nos trois grâces punks cagoulées pas bien orthodoxes ont poussé leur gueulante, l’autre, celle qui n’hésite pas à dévoiler chaque année un peu plus de son anatomie, qui lorsqu’elle qu’elle s’agenouille le fait rarement pour prier God, et dont les mélopées payennes ont chauffé bien des dance floors, Ze Madonna donc qui après la sortie de son livre au titre on ne peut plus explicite « SEX », en avait remis une couche pour les non comprenants:  » ‘Cause I’m not sorry » traduction: Non, rien de rien, non je ne regrette rien…

    Car c’est surtout ça qu’on leur reproche aux ni putes ni soumises popov. Non seulement elles narguent le régime, mais en plus, elles persistent et signent, les pouffes!
    Pour les soutenir, je propose un geste fort. Un boycott par exemple. Perso, j’arrête les molossols (les gros cornichons russes), les blinis et le caviar. Je suis comme, ça moi, faut pas me chercher. En revanche, je veux bien un petit shot de Stolichnaïa pour me donner du courage…. Et une cagoule, tiens! Allez Michaël, rechante la nous: Fous ta cagoule, fous ta cagoule Du nord au sud de l’est à l’ouest même a Vesoul Fous ta cagoule ouai, fous ta cagoule sauf à Kaboul sauf à Kaboul…. Et à Moscou!

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